• La culture de l’image, du divertissement et des médias

    Un article d'Alain LEDAIN

    Annoncer l’Evangile de façon pertinente suppose d’avoir décrypté la société à laquelle il est destiné. La notre est traversée par de grands courants : le consumérisme, le relativisme et la culture de l’image, du divertissement et des médias.

    C’est ce dernier courant que j’aimerais analyser dans cet écrit. Il s’oppose à la démocratie en ce qu’il nous rend spectateurs plutôt qu’acteurs et, sous plusieurs aspects, à l’Evangile, ce que je vais tenter de démontrer en six parties.

    Mais d'abord, dissipons tout malentendu. Je ne suis pas hostile au divertissement. Il est souvent nécessaire dans une vie qui est stressante et qui fait mal. Par contre, il pose problème quand il envahit tout, quand le but de la vie n'est que le divertissement, quand le divertissement endort nos têtes et nos coeurs et se montre ainsi l'ennemi de tout engagement.

    1 – L’apparence prédomine sur la réalité (le paraître prime sur l’être).

    Dans la culture de l’image, portée entre autre par la publicité, règnent la superficialité, le culte stérile de l'individu, le mythe de la jeunesse éternelle (une crème anti-âge ne sera jamais qu'une crème antirides !) et l’égocentrisme. Elle impose des modèles (stars de la chanson, stars du cinéma, actrices de publicités…) et un idéal qui n’existent parfois pas, résultat de la retouche photos.

    Dans son livre 99 Francs, Frédéric Beigbeder écrit : « Je me prénomme Octave… Je suis publicitaire… Je suis le type … Qui vous fait rêver de ces choses que vous n’aurez jamais. Ciel toujours bleu, nana jamais moches, un bonheur parfait, retouché sur PhotoShop. Images léchées, musiques dans le vent… Le Glamour, c’est le pays on l’on n’arrive jamais… »

    C’est ainsi qu’il y a une perte d’appréciation entre ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas et une perte du sens de la réalité. Une conséquence peut être, chez certains, un complexe quant à leur physique.

    « Jadis, la beauté était un idéal. Aujourd’hui, au travers des images publicitaires, le souci esthétique […] est une obligation, une contrainte, un devoir culturel qui pèse lourd sur l’estime de soi. La beauté est une source d’oppression dans notre société où l’apparence est devenue primordiale. Elle s’est imposée, tout comme la jeunesse, au rang des moyens de distinction sociale. » Source : Marc-Olivier Arnold et Saverio Tomasella – Article : « Métasémiotique des représentations de la femme et de l’homme dans la publicité », © 2004, CEM

    « On nous inflige Des désirs qui nous affligent… On nous Claudia Schiffer… Oh le mal qu'on peut nous faire... » (Foule sentimentale » - Alain Souchon)

    Fort heureusement, « l'homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l'Éternel regarde au cœur. » (1 Samuel 16 : 7) Parlant du messie, Esaïe prophétisera : « Il n'avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, Et son aspect n'avait rien pour nous plaire. » (Es. 53 : 2b)

    Certes, il y a un équilibre à trouver : il ne s’agit pas de se négliger mais d’avoir un juste regard sur nous-mêmes et sur notre prochain.

    Rappelons que la dignité humaine ne dépend pas de la beauté physique : elle est une valeur absolue et non relative. Elle ne dépend ni de la beauté, ni de l’intelligence, ni de la bonne santé, ni de la productivité. Elle est intrinsèque à l’être humain créé à l’image de Dieu, image qui n’est pas physique mais intérieure.

    Pour aller plus loin, lisez l’article d’Hubert HOULIEZ : Fondements d’une éthique sociale chrétienne : La dignité de la personne (http://l.oiseau.sur.la.branche.over-blog.com/article-fondements-d-une-ethique-sociale-chretienne-3-la-dignite-de-la-personne-61652927.html 

    2 – Les images et le divertissement nous rendent insatiables.

    Ecclésiaste 1 : 8b : « L'œil ne se rassasie pas de voir, et l'oreille ne se lasse pas d'entendre. »

    L’appétit quasi insatiable de l’homme pour les distractions le rend dépendant ; le divertissement agit comme une drogue. Les stimulations doivent être de plus en plus fortes au risque d’être saturé par l’ennui. « Trop de divertissement tue le divertissement. »

    Voltaire pensait : « Vivons tant que nous pourrons, mais la vie n'est que de l'ennui ou de la crème fouettée. » Le problème, c'est que la crème doit être fouettée de plus en plus fort !

    « L’ennui que nous ressentons nous pousse rarement à ralentir nos activités divertissantes. Au contraire, l’ennui qui résulte de nos divertissements nous pousse à davantage de divertissement […] D’une manière générale, l’ennui peut nous pousser à avoir des comportements à risques. Puisque nos sens ne réagissent plus à un divertissement ordinaire, il nous faut aller plus loin, plus vite, plus fort. »

    Dans son article « Le divertissement et l’ennui – La culture de l’amusement et ses conséquences » dont est tirée la précédente citation, Nicolas Farelly, professeur du Nouveau Testament à l'Institut Biblique de Nogent-sur-Marne, nous donne quelques pistes pour sortir du marasme (en italiques):
     Prendre du temps ensemble (converser, communiquer en vis-à-vis – donc de façon incarnée – plutôt que de façon assistée via facebook, MSN ou tout autre réseau social très chronophages) ;
    Faire du divertissement, qui n’est pas mauvais en soi, un serviteur et non un maître ;
    S’arrêter et réapprendre à prendre plaisir dans les choses simples et ordinaire de la vie (ballades, bricolage, cuisine, lectures…) ;

    Voilà qui n’est pas sans faire penser à la chanson de Michel Fugain « Fais comme l’oiseau » :
    « Comment peut-on vivre aujourd'hui
    Dans la fureur et dans le bruit
    Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu

    Fais comme l'oiseau
    Ça vit d'air pur et d'eau fraîche, un oiseau
    D'un peu de chasse et de pêche, un oiseau
    Mais jamais rien ne l'empêche, l'oiseau, d'aller plus haut. »

    Réfléchir au sens, au but, à la finalité, à la signification de la vie, à « l’appel qui nous a été adressé » (Ep. 4 : 1).

    Pour allez plus loin, lisez l’article entier : http://www.forumculturelprotestant.com/Articles.html 

    3 – Le « style divertissement » influence nos vies en église.

    A – Quand  le style divertissement prédomine, les temps de louange de nos cultes ne sont plus des temps de célébration mais se transforment en concerts jugés sur la qualité technique (voix, mixage…) et sur l’habillement des choristes.

    Dans cet état d’esprit, le pasteur  n’est plus un conducteur spirituel mais un animateur, un présentateur ou un acteur.  On lui demande de créer du mouvement et de l’évènement.

    Or, la Vie ne provient pas du mouvement, c’est l’inverse : c’est le mouvement qui vient de la Vie. Il nous faut donc rechercher la vie de Dieu.

    Un pasteur devenu animateur deviendra très vite un animateur (s’il le peut encore !) car la vie spirituelle aura quitté son assemblée…

    B – Le style divertissement nous rend apathique aux discours (messages) sérieux. Le prédicateur doit être amusant, sensationnel, humoriste. Trop imprégnés de la culture du spectacle, nous espérons qu’il nous fasse rire, que son prêche se transforme en « one man show ».

    Pour reprendre un extrait du livre « Se divertir à en mourir » de Neil Postman, « Quand une population devient folle de fadaises… quand un peuple devient un auditoire… la mort les menace. »[4]

    « Qui est préparé à prendre les armes contre un monde d’amusement ? A qui nous plaindre, et quand, et sur quel ton, quand le discours sérieux se dissout en gloussements ? Quel est l’antidote contre une culture asséchée par le rire ? »[5]

    Mais en toutes choses, il y a un équilibre à tenir. Un enseignement serait tout autant desservi si l'église s'ennuyait et ne le retenait pas. L'art oratoire doit trouver sa place. Ainsi, par exemple, si l'humour ne doit pas être le message, il ne doit pas nécessairement en être exclu. 

    C – Nous ne sommes pas complètement dans le monde de 1984 de George Orwell qui est un monde policier et totalitaire où la liberté d’expression n’existe plus du tout (« Big Brother is watching you. ») : nous avons accès à la vérité, nous pouvons lire la Bible mais vérité et Bible risquent de ne plus nous intéresser. « Entertain us » (divertissez-nous) chante le groupe Nirvana dans la chanson « Smells Like Teen Spirit » (« Ça sent l’esprit ado »).

    4 – Habitués à la succession rapide des images et de l’information, la réflexion est remplacée par des slogans.

    La culture de l’image est associée à la rapidité, à l’instantanéité et, au plan des idées, aux slogans.

    Les slogans sont des phrases ou formules choc, brèves, bien rythmées et frappantes. Notés avec excitation, oubliés avec promptitude... sauf quant ils sont répétés de fort nombreuses fois !

    « Nous, c’est le goût. » (Quick) « C’est tout ce que j’aime. » (Mc Do) « La seule chose qu'on remarque, c'est vous. » (Synergie de Garnier) Vous remarquerez que vous êtes devenus une chose ! « Yes, we can » (Barack Obama) « Vivez sans temps mort, jouissez sans entraves. » (Mai 68)

    Trop habitués aux slogans, il devient difficile de réfléchir. On attend des réponses courtes aux grands problèmes de la vie... "parce qu'on le vaut bien !" Une personne qui a entendu un million de slogans publicitaires risque fort de croire que tous les problèmes ont des solutions rapides grâce à des mesures simples – ou devraient en avoir[6].

    Cet état d’esprit, qu’il est facile de le transposer dans la prière et d’attendre l’exaucement au claquement de doigts ! « Maintenant Seigneur ! »

     A l'inverse, Voici comment l’Ecclésiaste appréhendait le temps :
    « Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux... » (Ecclésiaste 3 : 1)
    « Il [Dieu] fait toute chose bonne en son temps… » (Ecclésiaste 3 : 11)
    « … il y a là un temps pour toute chose et pour toute œuvre. » (Ecclésiaste 3 : 17)
    « Car il y a pour toute chose un temps et un jugement… » (Ecclésiaste 8 : 6)

    La réflexion demande du travail, de l’arrêt et du discernement.

    Aggée 1 : « 5 Ainsi parle l’Eternel des armées : Réfléchissez à votre conduite ! 6 Vous avez beaucoup semé et vous rapportez peu […] 7 Ainsi parle l’Eternel des armées : Réfléchissez à votre conduite ! »

    Aggée 2 : « 15 Réfléchissez maintenant (à ce qui va se produire) à partir d’aujourd’hui et par la suite […] 18 Réfléchissez donc (à ce qui va se produire) à partir d’aujourd’hui et par la suite […] Réfléchissez-y ! »… et arrêtez votre télé !

    Proverbes 1 : « 1 Proverbes de Salomon, fils de David, roi d'Israël… 4 Pour donner aux simples du discernement, Au jeune homme de la connaissance et de la réflexion. »

    Proverbes 8 : « 12 Moi, la sagesse, j'ai pour demeure le discernement, Et je possède la science de la réflexion. »

    Les conséquences du manque de réflexion et du manque de discernement sont désastreuses. « 9 Et ce que je demande dans mes prières, écrira l’apôtre Paul dans sa lettre aux Philippiens (chap. 1), c'est que votre amour augmente de plus en plus en connaissance et en pleine intelligence 10 pour le discernement des choses les meilleures, afin que vous soyez purs et irréprochables pour le jour de Christ, 11 remplis du fruit de justice qui est par Jésus Christ, à la gloire et à la louange de Dieu. »

    De plus, trop coutumiers de l’immédiateté, il y a une perte évidente de la puissance d’attention, de concentration, et cela des écoliers aux adultes.

    Pour le chrétien, les conséquences peuvent être une lecture de la Bible de plus en plus courte et, lors des cultes, le passage d’un thème à l’autre de plus en plus rapide sans recherche de cohérence. « Que vais-je faire de tous ces messages sans lien les uns avec les autres ? » Le risque est de répondre : « Rien ! »

    Dans une société de spectacles, on ne recherche plus le Royaume de Dieu et sa justice : on l’attend passivement.

    Sortir de la tyrannie du présent, apprendre et grandir en maturité exigent la persévérance et une certaine dose de transpiration. Dans la vie (la vraie !), il y a des victoires qui s’arrachent dans l’effort.
    « Persévérance », » transpiration », « effort », des mots peu en phase avec l’air du temps… mais le temps est mauvais !

    5 – L’inflation des idées et des sources dilue la vérité

    « Tout le monde parle et personne n’écoute » ce qui, sans doute, explique la solitude ressentie par près d'un français sur dix alors que, paradoxalement, il n'y a jamais eu autant de moyens de communication.

    La grande solitude frappe 9% des Français, selon une enquête de l'institut TMO Régions pour la Fondation de France (Juillet 2010).

    « Tout le monde parle... » Tout n’est que « paroles, paroles, paroles ». Dans nos pays, la vérité est accessible mais elle est diluée, noyée dans une mer d’informations.

    L’Evangile pourrait paraître n’être qu’un baratin publicitaire de plus parmi beaucoup d’autres. On ne peut donc qu’inciter à la prudence dans le contenu de nos messages et l’utilisation des médias.

    Des slogans du type « Venez à Jésus et tous vos problèmes seront résolus » sont inadéquats et relèvent de la publicité mensongère.

    L’authenticité de nos vies (l’incarnation de la vérité) est le meilleur message que nous puissions délivrer.

    Être authentique, c’est :
     cultiver de bonnes pensées : Philippiens 4 : « 8 Au reste, frères, que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l'approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l'objet de vos pensées. »
     par l’amour, trouver sa joie dans ce qui est vrai (1 Co. 13 : 6) ;
     être débarrassés du mensonge et dire la vérité à son prochain (Ep. 4 : 25) – y compris sur nous-mêmes ! ;
     n’admettre aucun écart entre nos paroles et notre comportement.

    6 – L’image et l’émotion prennent le pas sur la réflexion.

    L’image nous laisse peu de recul réflexif contrairement au livre. Elle provoque de nombreuses émotions au risque de les émousser.

    Stephen A. Douglas, homme politique américain du XIXème siècle, répondit à de longs applaudissements par cette déclaration : « Je désire m’adresser à votre jugement, à votre compréhension et à vos consciences, non à vos passions et à vos enthousiasmes. »[7] Quel homme politique tiendrait aujourd’hui un tel discours ?

    Tout prédicateur de l’Evangile pourrait dire : « Je désire que nous soyons renouvelés dans notre intelligence. Je désire le développement de notre relation avec Jésus-Christ, pas notre satisfaction à tout prix.  C’est pourquoi je ne souhaite pas vos applaudissements ; c’est pourquoi je n’en appelle pas à nos seules émotions. Considérons attentivement nos voies. Fortifions-nous. Travaillons. » (selon les paroles du prophètes Aggée)

    Comprenez : les émotions ne doivent pas être brimées mais elles ne doivent en aucun cas être le moteur de nos décisions, de nos changements intérieurs.

    A la télévision, montrez un vieillard qui souffre et vous justifierez l’euthanasie ;  montrez un enfant handicapé et vous justifierez l’eugénisme[9].

    Les émotions ne doivent pas nous mener à désirer n’entendre que des choses agréables :

    2 Timothée 4 : « 3 Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, 4 détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables. »

    Une parenthèse sur les émotions et le désir

    Les émotions et le désir sont vitaux. La télévision – la publicité en particulier – les suscite mais les émousse.  Or, la perte de désir (« je n’ai d’envie que si l’on m’en donne  ») est néfaste. Elle amène à notre société dépressive.

    Selon un sondage BVA-Gallup International pour Le Parisien, les français se classent premiers des 10 pays les moins confiants en leur avenir (devant l’Irak et l’Afghanistan.)

    « Prends soin de toi ! »… de tes émotions et de tes désirs !

    Pour terminer

    A – Parce qu’il est à l’image de Dieu, l’homme est créatif. C’est dire que l’expression artistique est un don du Créateur. On comprend ainsi que, dans le terreau de l’Evangile, l’art se soit développé. Que l’on pense, par exemple, à Jean Sébastien Bach « considéré comme le plus grand compositeur du style baroque et comme l'un des plus importants de tous les temps »[10].

    Je crois, qu’au plan artistique, nous devons être davantage producteurs de culture que consommateurs de divertissements. L’Evangile ne nous incline-t-il pas à la noblesse et à la beauté, à l’élévation du cœur à de nobles sentiments ?

    (Parenthèse)

    En aucun cas, il ne nous pousse à la dépravation (pratiques dégradantes sous toutes leurs formes, propos grossiers ou stupides), à la valorisation de l'infidélité, à l'élimination du plus faible, à l'humiliation des perdants et au voyeurisme (magazines « people », émissions trash de la télé réalité…).
    (« Trash » en anglais signifie « ordure »)

    Que faisons-nous de nos « temps de cerveau disponibles » ?

    Je fais ici allusion aux propos de Patrick Le Lay, ex-PDG de TF1 : « … A la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (...).
    Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible (...)
     »

    Source : Dépêche AFP du 9 juillet 04, reprise notamment par Libération (10-11/07/04) : « Patrick Le Lay, décerveleur ».

    Rachetons le temps ; ne prenons pas part aux œuvres infructueuses des ténèbres (Ep. 5 : 11) ) et ne laissons pas la télévision devenir le « troisième parent » de nos enfants.

    Baby-sitter peu chère, on peut légitimement douter de la qualité de l’éducation qu’elle transmet, de l’image de soi et de l’autre qu’elle propose.

    De plus, elle ne favorise pas l’échange verbal, au contraire, elle le met entre parenthèses. Or, il faut parler à nos enfants et nos enfants doivent savoir exprimer par des mots ce qu’ils ressentent, ce qui les fait souffrir ou pleurer au risque qu’ils deviennent violents. (Selon Dany-Robert Dufour. Source : http://www.ceppecs.eu/wp-content/uploads/2010/05/le-ligueur-Dufour.pdf)

    Dans nos familles, établissons une juste proportion entre le temps de parole avec les parents et le temps passé à regarder la télévision.

    (Fin de la parenthèse)

    B – Que l’image et le paraître priment sur l’être est le résultat d’un système de valeurs erronés induit par le péché. Le divertissement peut devenir une culture de mort.

    Pour une juste perception de la réalité (œil en bon état), nous avons besoin de revenir à Dieu. Jésus nous avertit : « 22 L'œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera éclairé ; 23 mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres ! » (Mt. 6)

    Pour sortir des ténèbres provoquées par nos fausses appréciations, « Il est temps de chercher l'Éternel, Jusqu'à ce qu'il vienne, et répande pour nous la justice. » (Selon Os. 10 : 12) Cherchons l’Eternel pour vivre (Am 5 : 4) ; cherchons l’Eternel pour une culture de vie. Cessons d’aimer nos dépendances, nos oppressions.

    Réconcilions-nous avec Celui qui nous demandera de rendre compte de la gestion de notre temps.

    Sortons de la torpeur, de l'étourdissement. Cessons de fuir ; cessons de nous fuir. N'ayons pas peur du silence. Apprenons à nous couper des moyens de communications. Comme le fils prodigue, « rentrons en nous-mêmes » (Luc 15 : 17). Plaçons-nous devant Dieu.

    Alain LEDAIN

     Retrouvez cet article sur d'Henrik LINDELL : http://www.dieu-et-moi.com/thematiques/spiritualite/partages-bibliques/396-la-culture-de-limage-du-divertissement-et-des-medias.html

     


    [4] D’après le livre « Se divertir à en mourir » de Neil Postman – Nova éditions, page 232

    [5] Ibid., page 233

    [6] Ibid., page 198

    [7] Ibid., page 77

    [9] Volonté d’améliorer l’espèce humaine notamment à l’aide de la technologie génétique.

    [10] Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Johann_Sebastian_Bach

    Entre autres sources

    Mes passionnantes conversations avec mon ami David MARTORANA et le livre...

    Se distraire à en mourir 

    Auteur : Neil POSTMAN - nova éditions

    Quatrième de couverture

    « Enfin. On l'attendait depuis vingt-cinq ans. Car l'ouvrage essentiel, le livre majeur que vous tenez entre les mains, paru en anglais en 1985, traduit en français en 1986, était depuis épuisé dans notre langue. Or le voici. Le livre n'a pas eu très bonne presse. Il a gêné beaucoup, on en a peu parlé. On l'avait oublié. Il avait trop d'ennemis. Il parle de la télévision. »

    Michel Rocard

    « L'esprit d'une culture peut se flétrir de deux manières. Dans la première - celle d'Orwell -, la culture devient une prison. Dans la seconde, celle de Huxley, la culture devient une caricature. (...) Huxley nous enseigne qu'à une époque de technologie avancée, la dévastation spirituelle risque davantage de venir d'un ennemi au visage souriant que d'un ennemi qui inspire les soupçons et la haine. C'est nous qui avons les yeux sur lui, de notre plein gré. Nul besoin de tyran, ni de grilles, ni de ministre de la Vérité. Quand une population devient folle de fadaises, quand la vie culturelle prend la forme d'une ronde perpétuelle de divertissements, quand les conversations publiques sérieuses deviennent des sortes de babillages, quand, en bref, un peuple devient un auditoire et les affaires publiques un vaudeville, la nation court un grand risque : la mort de la culture la menace. »

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  • Commentaires

    1
    benoitM
    Samedi 8 Janvier 2011 à 11:05
    Merci tes études permettent de comprendre la condition humaine de nos contemporains, que nous ne saisissons pas toujours.

    Que notre Seigneur Jésus nous orientent à découvrir dans sa Parole son message de grâce et de miséricorde qui touchera notre coeur pour l'apporter à nos amis, orientera nos prières et partages.
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    2
    Christ Hope
    Vendredi 21 Janvier 2011 à 16:13

    Bonjour Alain. Une petite citation croustillante en complément. Elle est d'Albert Camus, "La Chute": Il faut le reconnaître humblement, j'ai toujours crevé de vanité. Moi, moi, moi, voilà le refrain de ma chère vie, et qui s'entendait dans tout ce que je disais... Je me sentais libéré à l'égard de tous pour l'excellente raison que je ne me reconnaissais pas d'égal... Avec quelques autres vérités, j'ai découvert ces évidences peu à peu... Pas tout de suite, non, ni très distinctement. Il a fallu d'abord que je retrouve la mémoire... Jusque là j'avais toujours été aidé par un étonnant pouvoir d'oubli. J'oubliais tout, et d'abord mes résolutions. Au fond, rien ne comptait. Guerre, suicide, amour, misère, j'y prêtais attention, bien sûr, quand les circonstances m'y forçaient, mais d'une manière courtoise et superficielle. Parfois, je faisais mine de me passionner pour une cause étrangère à ma vie la plus quotidienne. Dans le fond pourtant, je n'y participais pas, sauf, bien sûr, quand ma liberté était contrariée. Comment vous dire? Ca glissait. Oui, tout glissait sur moi... J'avançais ainsi à la surface de la vie, dans les mots en quelque sorte, jamais dans la réalité... Ah! Je ne mets aucune complaisance, croyez-le bien à vous raconter cela. Quand je pense à cette période où je demandais tout sans rien payer moi-même, où je mobilisais tant d'êtres à mon service, où je les mettais en quelque sorte au frigidaire, pour les avoir un jour ou l'autre sous la main, à ma convenance, je ne sais comment nommer le curieux sentiment qui me vient. Ne serait-ce pas la honte?

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