• Qu’est-ce qu’une famille à l’heure des mutations sociétales et des effets du consumérisme

    Texte d'une intervention d'Eric LEMAÎTRE lors d'un colloque sur la famille

    Dans la conception philosophique des rapports famille et société, Hegel oppose leurs vocations et souligne également les complémentarités « la société est le règne du droit, la famille est le règne de l’amour ». La famille est supra juridique, sa matrice est l’affection qu’aucun état ne saurait transmettre à un enfant comme le soulignait par ailleurs Clémenceau.

    La conception Hégélienne est de mettre en évidence  la dimension quasi charnelle de la famille dont la dimension ne saurait être réglée seulement par la norme, la codification, les règles juridiques, mais par des valeurs morales qui transcendent les lois. Au fond l’amour qui suppose la tendresse et la capacité de corriger les dérives de l’enfant est adossée à une somme de valeurs familiales qui font en quelque sorte reculer l’intrusion du droit venant régir les rapports au sein de la cellule Familiale.

    Ainsi les valeurs de la famille s’incarnent à travers l’affection, la morale, la coutume, la religion qui sont autant de formes de résistance à l’intrusion d’un état totalitaire qui supplanterait la famille et effacerait le principe de subsidiarité résultant de l’autorité des parents au sein de la cellule familiale.

    Nous comprenons dès lors la tentative de l’Europe d’intervenir dans les affaires sociétales de la nation Française, pour exiger de la France qu’elle interdise la fessée, de soumettre la France à une forme de diktat, l’admonestant à se plier aux règles européennes. Or la correction quand elle n’est pas une violence infligée à l’enfant mais la correction qui redresse, est légitime car elle ramène l’enfant dans un processus de civilisation.

    Dans ce préambule, qui ne définit pas encore la famille mais sous-entend sa dimension d’un corps s’articulant autour de liens privilégiés, de chair notamment, montre qu’elle est néanmoins une cellule essentielle de la vie sociale qu’elle conditionne la dimension même de la relation en préparant l’enfant à devenir membre de cette société.

    Pour autant de quelle famille, parlons-nous ? Existe-t-il une approche unique et universelle qui la définit ? Quelles mutations connait la structure familiale telle que nous la connaissons à ce jour ? Quels sont les problèmes et les enjeux posés par le délitement du lien familial ?

    A Qu’est-ce que la famille ?

    A1 L’approche anthropologique

    • La famille ce qui la définit

    Lors d’une de ses conférences sur la Famille le philosophe Hadjadj soulignait que le mot famille est un terme si « familier, si banal, si commun à tous, qu’il risque d’être évident et donc un peu ennuyeux à développer ».

    Quand chacun d’entre nous voulons appréhender les contours pour définir le terme famille, nos propres représentations nous projettent dans notre propre sphère familiale, avec une lecture de cette famille empreinte ou non de souvenirs, souvenirs qui peuvent être teintés de joies et de tristesses, de bonheur et de douleurs, de la famille que l’on aurait aimé et celle dans laquelle on aurait voulu naitre.

    Parmi les multiples définitions lues sur la famille, l’une m’a interpellé, elle définit la famille comme l’organisation de la parenté. Une définition somme toute sommaire, et nous en conviendrons réductrice. Une définition à la limite de la « Novlangue », avec cette façon simplifiée de ramener la famille à une organisation.

    Cette approche pour définir la famille est évidemment de mon point de vue, incomplète, voire contient une dimension à la fois subtile et un aspect déstructurant. Cette définition n’ose en effet appréhender, la famille comme  une cellule fondatrice de liens, une figure de la justice mais aussi un lieu du don de  l’altruisme, une matrice celui de l’amour. C’est aussi hélas un lieu de souffrances, d’épreuves. La famille est d’abord un lieu de solidarités de l’affection témoigné à des parents, des époux, des enfants, des enfants qui sont le fruit d’une relation construite sur l’affection, l’amour et non le fruit d’une organisation désincarnée, dans ce contexte les enfants ne sont pas des avoirs mais des êtres. J’en conviens la définition plus exhaustive  que je donne ici est très idéalisée à l’aune d’une société qui vit des bouleversements et qui tend à fragiliser ce socle des solidarités qui devrait commencer par la famille.

    Cependant en prétendant, fonder la famille sur l’organisation de la parenté, nous pourrions reprendre le juste propos du philosophe Hadjadj, assimilant l’organisation de la parenté à n’importe quelle structure parfaite. Une famille qui serait seulement l’organisation de la parenté, nous conduit dès lors à une société d’anonymes.

    D’ailleurs certaines structures sociales comme le planning familial à vocation fortement féministe, s’approprient cette notion de parentalité pour l’étendre au-delà du champ de la famille. Le planning familial en intervenant dans certaines situations vécues par de jeunes adolescentes se positionne fréquemment dans une substitution de l’autorité parentale et devenir le lieu de parole concernant la sexualité et les relations amoureuses des ados, mais agissent-ils en authentiques parents ou servent-ils une conception idéologique de la société fondée sur la libération de la femme … ?

    La famille comme l’organisation de la parenté est finalement une définition insuffisante, puisqu’elle n’englobe pas la dimension de la filiation, la dimension sexuée qui conçoit et fait émerger la première cellule d’une société.  Ne l’oublions pas, les enfants se construisent en s’identifiant à des parents et s’identifient également à l’histoire de leurs familles à des parents, des grands parents et pourquoi pas des arrières grands parents. En France il y a une passion vérifiée, celle de la généalogie, chacun voulant connaitre son origine, l’identité des aïeux, ce que signifie le patronyme qui est la marque de notre identité.

    Mais que signifie la notion de famille pour les socio-économistes ? Le terme famille englobe en effet différentes formes de LIENS de parentés (allant de la famille nucléaire, élargie, recomposée, monogame ou autres). Mais avant de parler de parenté il me semble juste de rappeler et c’est frappé de bon sens, que la famille dans sa matrice la plus commune, est une communauté née de rapports sexués, d’une rencontre autrement dit d’un homme et d’une femme qui fondent une communauté et de fait des liens de parentés.

    • La famille est une communauté de liens

    Selon l'anthropologue Claude Lévi-Strauss Une famille est d’abord une communauté d’êtres réunis par des liens et non des connexions virtuelles,  des liens existant dans toutes les sociétés humaines. Pour l’anthropologue « la famille est ainsi dotée d'un nom, d'un domicile, et crée entre ses membres une obligation de solidarité morale et matérielle (notamment entre époux et parents-enfants), censée les protéger et favoriser leur développement social, physique et affectif ».  Cette définition de la famille m’apparait être la plus juste et d’une certaine façon incarnée.

    • Etre une famille c’est habiter un même lieu

    Les modes d’habiter évoluent également avec la famille qui se définit et caractérise également par le lieu habité. Car faire famille, c’est aussi habiter ensemble. Habiter ensemble est étrangement de moins en moins incarné à l’heure d’internet et de la religion dite cathodique qui tend à déstructurer les rendez-vous, les rapports entre les époux ou conjoints et leurs enfants.  Nos enfants sont ainsi souvent connectés au monde et peu souvent à leur village « Les Parents » mais le cas d’adultes connectés au monde et peu à leurs enfants est aussi vrai. Quand le virtuel prend le pas dans les relations, une famille se défait alors et la maison sombre dans la ruine, car les connexions ont remplacé les relations.

    Nous traiterons de ce sujet des connexions en abordant les effets du consumérisme sur les liens et les relations entre les individus dans des contextes d’hyper individualisation.

    Les situations touchant l’habitat et ce qui définit la famille à travers le lieu, évoluent, ici des jeunes gens resteront à demeure et adultes quittent le foyer ou parfois y reviennent même à trente ans.

    Lévi Strauss montre que la variété des typologies touchant la famille, « s’accompagne d’une présence quasi universelle de liens familiaux et ce dans des sociétés culturellement différentes : on y trouve un mariage, des liens étroits entre parents et enfants, des règles juridiques, des obligations économiques, religieuses, sociales, des droits et interdits sexuels ».

    Lévi Strauss montre également que les couples monogames sont sans doute une des formes de liens de parenté la plus universelle aussi bien dans des sociétés très primitives, comme dans des sociétés très avancées et complexes. Il est également vrai que les formes plus marginales de familles polygames existent également.

    A2 Les Mutations et les modifications structurelles de la famille

    Pourtant et au-delà de l’approche définissant et conceptualisant la famille,   nous pressentons l’érosion inéluctable du modèle familial tel que nous l’avons connu dans nos propres sphères parentales dans ces dernières décennies.

    Force est de constater que le modèle familial conventionnel s’effrite. De quel modèle s’agit-il et quand nous utilisons le terme de modèle il n’y a pas là de connotation positive ou négative, nous évoquons ici plutôt une notion d’archétype. Ce modèle est la famille nucléaire, le modèle monogame qui est à la base la plus répandue de la structure familiale.

    De nos jours, cette famille nucléaire est un modèle mis à mal. La structure conventionnelle du couple unie pour une durée illimitée, tend à s’effriter du fait de la volatilité de la société, le mariage en effet ne constitue pas nécessairement un projet de vie.  Une aventure commune, dont le terme est incertain et qui veut bien partager le meilleur mais pas le pire, les couples se désolidarisent quand ils sont en effet confrontés à des problèmes économiques, chômage de longue durée, mais quand nous cessons de partager, d’échanger, l’égoïsme est également une cause d’échec prégnant dans une vie de couple.

    Face à ces échecs de vie de couples, de plus en plus de jeunes s’inscrivent le plus longtemps possible dans un projet d’unions libres.

    Mais ceux qui s’engagent dans un mariage prennent le risque que le lien ne se brise dès les premières années ainsi nous relevons un phénomène patent qui est celui de l’augmentation du nombre de divorces, nous observons également des changements significatifs au sein de la structure familiale avec la baisse du nombre d’enfants, l’augmentation de femmes travaillant hors de leurs foyers, et le refus de l’autorité paternelle. Tous ces changements tendent à bouleverser la conception traditionnelle de la famille.

    Depuis les années 70 et ce jusqu'à cette période, le nombre de divorces n'a cessé de croître en France. 

    Nous comptons à ce jour en moyenne selon l’INSEE, un peu plus de 130.000 divorces en France.   Près d’un mariage sur trois s’achève par un divorce et crée une population de nouveaux célibataires en ruptures de liens conjugaux. Nous comptons en France 1,6 million d’enfants qui vivent dans une famille recomposée. Pas loin de 600 000 personnes cohabitent avec les enfants mineurs de leur nouveau conjoint.

    Mais toutes les familles ne se recomposant pas nécessairement, la monoparentalité reste conséquente. Pour rappel la monoparentalité est l'éducation par un seul parent célibataire d'un ou de plusieurs enfants, pour quelque raison que ce soit.  Le nombre des familles monoparentales augmente, il est passé, en France, de 776 000 familles en 1975 à plus 1 700 000 dans les années 2000.  Selon les sources de l’INSEE, le nombre de familles monoparentales ne cesse de croître depuis quarante ans. Ces familles mono parentales sont aujourd’hui 2,5 fois plus nombreuses qu’en 1968. Dans la dernière décennie, 17,7 % des enfants de moins de 25 ans vivent dans une famille monoparentale, contre 7,7 % en 1968.

    B Les effets des évolutions sociétales et du consumérisme sur la famille, les problématiques posées…

    B1 Les contextes des changements sociétaux

    La société de consommation s’est rapidement transformée en en une machine à détruire "l’amour, la relation à l’autre", en une consommation d’addiction. Une société de consommation fondée sur la satisfaction immédiate des pulsions.

    L’économiste Gilles Lipovetsky souligne que « la consommation de masse ne s’est pas élevée sur un sol vierge ». Avec la disparition d’un contrepouvoir que constituait une religion qui évoquait la notion de tentation et soulignait la vertu de la résistance, le bienfait de la maîtrise de soi, nous sommes entrés littéralement dans un monde de déculpabilisation ou il convient de répondre immédiatement aux besoins.

    Répondre ainsi à ses soifs compulsives c’est bon pour son épanouissement, c’est un capital de bien-être.

    Le consumérisme s’est ainsi adossé à un socle de nouveaux usages, de mœurs, et de mentalités post modernes, une mentalité affranchie des résistances culturelles, d’une morale jadis structurelle « où tout ce qui subsistait en terme de freins comme la religion chrétienne a fini par céder devant les séductions de la marchandisation ».

    Sonne l’heure nous citons Gilles Lipovetsky  « où toutes les sphères de la vie sociale et individuelle sont d’une façon ou d’une autre réorganisées conformément aux principes de l’ordre consumériste ».

    Ce faisant cette société de consommation ne devient plus génératrice d’aspirations mais de dépendances, une société de désirs immédiats et non de rêves alimentés par l’envie de construire.

    Ainsi les plaisirs immédiats de l’hyper consommation dont nous devenons addictifs, nous conduisent paradoxalement comme le souligne Gilles Lipovetsky à un « bonheur blessé », à une « société de déréliction ».

    Ainsi Le consumérisme participe-t-il d’un changement de paradigme, d’une conversion complète de l’individu, en «individu qui penserait tout en termes économiques», et ce faisant poussant à une individualisation extrême des comportements, à une égalité parfaite, la volonté de personnaliser les besoins et de répondre à tous les désirs. Nous sommes ainsi loin d’une metanoïa valorisant cette capacité à dominer les désirs.

     Ce monde annonce ainsi la fin des valeurs de transcendance étouffant les sentiments humains les plus élevés, la fin d'une sociabilité, le déchaînement des passions égalitaires, la déstructuration de la sociabilité, la fin de la famille....

    Outre ces dimensions de délitement des liens, et d’appauvrissement des sentiments humains les plus élevés sans sombrer dans la désespérance, on ne peut écarter aujourd’hui, avec les progrès scientifiques notamment du génie génétique,  l’appropriation privée des « progrès génétiques »  par un nouveau type d’entreprise, des entreprises transhumanistes multinationales, des marchands de corps, dans un monde qui n’obéit aujourd’hui qu’aux lois du marché et du profit.

    L’hypothèse d’une accélération de la marchandisation des corps, de la possibilité proposée aux femmes (GOOGLE, APPLE) de congeler leurs fœtus pour ne pas rater leur carrière professionnelle et d’éviter ainsi l’usure de l’horloge biologique ne relève plus de la science-fiction.

    A terme également l’éventuel recours au clonage généralisé et aux mutations génétiques pour achever, dans une version moderne d’eugénisme, la refonte de l’être humain aux besoins de l’économie, n’est plus pour les experts les plus avancés, chose totalement impossible.

    Ce contexte du consumérisme va avoir pour effet de déstructurer les relations, et a déjà pour conséquence la déconstruction de la dimension de la socialité. 

    Ce modèle consumériste décrit par Gilles Lipovetsky est devenu particulièrement pervers et dangereux. « Le consommateur y devient en effet malheureux comme peut l'être le toxicomane qui dépend de ce qu'il consomme mais déteste ce dont il dépend ».

    D'où une frustration grandissante, des comportements qui suscitent des situations anxiogènes, comme la destruction de la cellule familiale, la peur des adultes à l'égard de leurs propres enfants ou une déprime qui progresse par capillarité.

    La société de consommation est devenue comme l’écrit encore l’auteur du bonheur paradoxal, « l’organisation systématique de la défaillance de la faculté de se rencontrer ».

    La société de consommation avec ses multiples avatars, est devenue finalement despotique en instituant l’arbitraire de la communication, en créant la désocialité.

    C’est à dire une relation sociale devenue abstraite interdisant toute forme d’échanges entre les êtres. La télévision en ainsi l’archétype, la certitude que les gens devenus passifs, inertes, ne se parlent plus, qu’ils sont définitivement lobotomisés,  atomisés, isolés face à l’absence d’interactions, d’échanges, de réciprocité.  

    La problématique de la désocialisation s’est évidemment accentuée avec l’émergence des réseaux sociaux, qui substituent progressivement les interactions virtuelles à la dimension de la relation…

    Or cette société qui se dessine impacte inévitablement les relations familiales ou les interactions de fait, s’appauvrissent au profit d’une forme « d’autisme familial » ou l’on ne s’écoute plus, on ne s’entend plus…J’insiste on ne s’entend plus dans cette double connotation du verbe entendre, ce qui conduit inévitablement à des conflits quand les gens ne se parlent plus, ne s’invitent pas et s’évitent en entrant dans la sphère de leurs mondes d’addictions.

    B2 Les Mutations et les modifications structurelles de la famille

    • La déstructuration du lien familial et l’atténuation des liens de solidarité

    Dans la plupart des enquêtes sociologiques, la famille est perçue de manière générale comme l’ultime rempart, face à un sentiment d’insécurité, la famille devient le lieu refuge, la famille se présente comme le bien relationnel privilégié, l’espace qui permet de résister à la vulnérabilité sociale.

    Or force est de constater l’effritement de cet espace face à la montée d’une hyper individualisation.

    La déstructuration du lien et l’atomisation sociale est de nature à fragiliser ce lieu refuge que constitue la famille.

    La recherche du bien-être pour soi,  la quête du bonheur, est devenu l’essence de l’idéologie de notre monde dans sa quotidienneté avec cette quête de soi, pour soi, nous sommes devenus forcément moins solidaires, combien de grands parents, de parents placés en maisons de retraite ne sont plus visités, voire abandonnés entre les mains de tiers.

    Les visites sont espacées, très espacées parce que les priorités des enfants ne sont plus orientées sur la famille mais sur des préoccupations qui relèvent d’une conception individualisée de la vie.

    • La démission des parents, l’absence du Père

     Plusieurs enquêtes conduites par notre cabinet et d’autres ont évoqué le phénomène de dépaternalisation, c’est-à-dire la disparition de la figure du Père, l’absence de représentation du père, qui est née sans doute de fractures familiales (divorces, ruptures) et de la grande précarité qui frappe également les familles.

    Mais c’est l'absence de contrôle parental à l'adolescence qui est incriminée : sans en être totalement la cause, la famille serait incapable de prévenir et contenir les premières dérives des jeunes gens, ces mêmes dérives qu’accélère la société consumériste qui tend à fabriquer un monde virtuel de contacts ou les interactions de la relation  disparaissent.  Au fond pour appeler un chat, un chat, c’est le délitement de repères structurants et moraux fondés sur la matrice de la relation de face à face qui est également un facteur explicatif des dérives.

    Les études montrent que, dans la majeure partie des cas, les facteurs de pauvreté, d'environnement social, de consommations addictives sont déterminantes : ce sont leurs propres consommations addictives qui « ruinent la capacité de contrôle des parents ». Au bilan, la « crise de la famille » me paraît être l’un des facteurs explicatifs des dérives de la jeunesse, la délinquance juvénile qui a pour socle la « démission des parents » et le transfert d’enfants vers le clan qui enclenche une nouvelle socialisation de l’enfant mais le déracine des règles qui régissent le vivre ensemble.

    La disparition de la figure du Père résulte également de la démission des parents qui n’assument plus leur rôle de parents, qui n’assument plus leurs rôles en tant que parents en fixant des limites, des règles. 

    La déstructuration de la famille et la perte des valeurs, offrent alors un terrain favorable aux déviances, une déviance propice lorsque la famille souffre d’un isolement social, d’un délitement des valeurs de responsabilisations, de rapports aux autres, d’enfermement sur soi, de désocialisation de la famille.

    Cette absence de Père apparaît comme un facteur de risque potentiel pour les enfants.

    La supervision du Père ne s’exerce plus soit parce que le Père est absent dans la relation ou n’incarne plus l’autorité. Il apparaît clairement que le déficit d’autorité lié à l’absence de la figure du Père et au déficit de supervision de l’enfant notamment à l’adolescence jouerait un rôle non négligeable dans la déstructuration de l’enfant. Vous noterez que la fin de la fessée participe de cette déstructuration patente de la Figure du Père. L’autorité est confisquée, contestée, la petite fessée qui corrige devient suspecte de maltraitance, mais les effets liés à la disparition de cette sévérité exercée pour construire les limites de l’enfant peut devenir à terme pire.

    Or quand l’enfant est en manque de repères, des problématiques de transferts se jouent, observés notamment dans les quartiers, l’enfant se réfugie dans l’autorité du clan, cherche naturellement l’autorité qui le contrôle le supervise.

    Ces enfants sont privés de repères, manifestent souvent de meilleures dispositions pour la violence que pour la réussite scolaire, tendance aggravée par la pauvreté de leur environnement culturel.   

    • La parentalité au-delà de la sphère des parents

    J’ai enfin noté dans le cadre d’études socio-économiques l’utilisation de plus en plus fréquente de ce terme par les différents professionnels du travail social. Ce qui suscite de multiples interrogations quant à la définition véritable de la parentalité dans ce domaine. S’il s’agit d’un travail de soutien et d’accompagnement, il n’y a pas en soi  de problèmes mais face aux dérives sociétales et qui touchent la transmission des valeurs éducatives, il est hélas fort à parier que demain, ce terme de parentalité prenne un sens nouveau, que l’institution éducative s’approprie cette notion, notamment pour arracher les enfants des stéréotypes inculqués par les parents auprès de leurs enfants.

    Conclusion

    Dans un univers social où nous sommes connectés au monde et non plus à notre village, à nos parents, nos enfants, nous notons les dérives et le délitement du lien social dont la matrice est la famille.

    Au-delà de ce constat nous avons noté que ce n’est pas l’idéologie qui défait la famille et la déstructure même si elle participe à sa déconstruction en l’influant, le terreau de la fragilisation de la famille me semble être bien le monde d’un consumérisme outrancier. Un monde consumériste qui a entraîné les dérives d’une hyper individualisation ou les êtres ont fini par ne plus se regarder et se rencontrer.

    Faute de résistance morale, d’un endiguement que façonnait la religion Chrétienne à travers la dimension de la metanoïa, de la conversion intérieure, le consumérisme a construit la vacuité d’un monde sans Dieu, un monde ou ses images et ses marques sont devenues nos idoles, nous ont éloigné du lien, de la relation et des solidarités, l’essence même qui fait le socle d’une famille.

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  • Commentaires

    1
    Claudine MICHAU
    Mardi 10 Mars 2015 à 19:39

    Bien ok avec ce texte !    

                 Nini LAMY sarcastic

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