• Témoigner de sa foi dans le contexte de la laïcité

    Le titre de cet article est en lui-même source de questions :

    Qu’est-ce que la laïcité ? Quelles sont ses racines historiques ? La laïcité n’impose-t-elle pas d’intérioriser la foi et de rendre neutre l’espace public sur le plan religieux ? Un chrétien peut-il intervenir, en tant que chrétien, dans le débat public ? Autrement dit : Un chrétien doit-il taire ou peut-il afficher ses convictions religieuses s’il intervient dans le débat public ? Peut-on témoigner de notre foi au travail ? Si oui, dans quelles conditions ?

    C’est à ces questions que nous allons tenter de répondre.

    Qu’est-ce que la laïcité ?

    Le mot laïc, issu du latin laicus, est repris du grec d’église laos signifiant « commun, du peuple ». Le laïc est donc d’abord celui qui appartient au monde profane, à ce qui n’est pas un religieux.

    Le mot laos (« laïc ») s’oppose à klérikos (« clerc »). Un clerc désigne ici une personne qui est entré dans l’état ecclésiastique, qui est membre du clergé.

    Voyons maintenant les définitions données pour le mot « laïcité ».

    Selon le dictionnaire de l’Académie française , la laïcité (dérivé de laïc) se caractérise par la neutralité religieuse, l’indépendance à l’égard de toutes Églises et confessions.

    Remarquez que cette définition ne précise pas qui/quoi doit être religieusement neutre, indépendant « à l’égard de toutes Églises et confessions ». Cette définition est donc source d’ambigüité. Lever cette ambigüité est entre autres l’objet de cette intervention.

    Pour le Larousse, la laïcité se définit comme « Conception et organisation de la société fondée sur la séparation de l'Église et de l'État […] »

    De ces définitions ressortent deux principes que nous développerons succinctement plus tard : « la séparation des Eglises et de l’Etat » et « la neutralité de l’Etat vis-à-vis des religions ».

    Avant d’aller plus loin, donnons encore la définition et l’étymologie du mot « sécularisation », mot souvent associé à celui de laïcisation. La sécularisation est l’ « action de donner à quelque chose un caractère laïc, non religieux, non sacré. La sécularisation est le résultat de cette action. »

    Etymologiquement, « séculier » vient du mot latin « seculum », le siècle. La sécularisation signifie donc « rendre au siècle, au monde ». 

    C’est la raison pour laquelle le verset Rm 12 : 2 est traduit par Louis Second par « Ne vous conformez pas au siècle présent » alors qu’il est traduit dans la version Semeur par « Ne vous laissez pas modeler par le monde actuel […] »

    Quelles sont les racines historiques de la laïcité ?

    La laïcité n’a pas été décrétée le 9 décembre 1905, date de la loi concernant la séparation des Eglises et de l’Etat. Elle est le résultat d’un processus historique.

    Pendant de longs siècles, il y a eu intrication, enchevêtrement du politique et du religieux. Plus ! Il y a eu utilisation, manipulation du religieux par le politique et, réciproquement, utilisation, manipulation du politique par le religieux.

    Manipulation du religieux par le politique

    Manipulation du religieux par le politique car le souverain – ou le pouvoir, ou l'Etat – va rechercher une légitimité à son autorité en lui donnant de la verticalité. Et quoi de plus vertical que la transcendance !

    L’autorité, on la reçoit de plus grand que soi. Principe qu’énonce fort bien un officier romain quand il déclare à Jésus : « Car, moi qui suis soumis à des supérieurs, j'ai des soldats sous mes ordres ; et je dis à l'un : Va ! et il va ; à l'autre : Viens ! et il vient ; et à mon serviteur : Fais cela ! et il le fait. » (Mt 8 : 9)

    Poussée à l’extrême, la France a connu la « monarchie de droit divin » c’est-à-dire le fait que le roi se considérait comme un monarque sacré : recevant son autorité directement de Dieu, sans l'intermédiaire de l'Église, ce pouvoir divin ne pouvait être ni contesté, ni limité. Le roi, souverain par délégation divine, disposait donc d’un pouvoir absolu. On est entré ainsi dans l’« absolutisme ».

    Pour autant, il ne faudrait pas croire que la manipulation du religieux par le pouvoir politique est née avec l’histoire de France.

    Autour de l’an 250, l’empire romain affrontait des difficultés importantes : menaces croissantes sur les frontières, crise de la légitimité impériale.

    Quand une société fait face à des difficultés, elle en cherche les raisons et désigne des coupables. Vers 250, une forte haine populaire désignait les chrétiens comme la raison des malheurs du temps. « La paix des dieux a été rompue parce qu’il existe au sein de l’Empire une secte impie qui ne les honore pas. »

    En 250, on n’imaginait pas une séparation de l’Empire et de la religion : l’unité religieuse devait entraîner, pensait-on, l’unité politique, militaire, sociale, etc. C’est pourquoi l’empereur Dèce a voulu refaire l’unité autour des dieux ancestraux. Ainsi, décida-t-il d’obliger tous les habitants de l’Empire sans exception à sacrifier aux dieux.

    Il est intéressant de se souvenir que le mot religion vient du latin « religare » qui signifie relier, rassembler. Ne pas sacrifier aux dieux revenait donc à affaiblir la cohésion de l’Etat. D’où la persécution et la haine des chrétiens !

    On comprend dès lors une des raisons pour laquelle le politique ne s’est pas séparé facilement du religieux. Le religieux avait une fonction que le politique recherchait et recherche encore : l’unité du corps social.

    Aujourd’hui, si les religions instituées sont soupçonnées de diviser, on n’hésitera pas à écrire que « la laïcité elle-même peut alors apparaître comme cette religion de la République recherchée depuis la Révolution » ou que la « religion suprême pour chacun d'entre nous », c’est « la religion de la République ».

    En résumé de cette partie : la religion avait et a deux utilités pour le politique : Donner de la verticalité, de la légitimité au pouvoir et (étymologiquement) relier, « religare », assurer l’unité du corps social – assurer le « vivre-ensemble » dirait-on aujourd’hui.

    Manipulation du politique par le religieux

    Historiquement, en contrepartie de l’utilisation du religieux par le politique, le religieux se servira du politique pour imprégner, façonner la société, y exercer un pouvoir spirituel et moral et pour en faire punir les hérétiques et les blasphémateurs.

    On constate déjà l’utilisation du politique par le religieux dans les Evangiles. Le grand-Conseil juif, autorité spirituelle en Israël, ne pouvait pas prononcer seul et exécuter la condamnation à mort de Jésus. La condamnation devait être ratifiée par le gouverneur romain. Donc par une autorité politique.  Le Grand-Conseil juif va donc lui remettre Jésus, non pour une charge d’ordre religieux – le blasphème –, charge insuffisante pour justifier une mise à mort, mais pour une charge d’ordre politique – Jésus s’étant présenté comme roi des juifs ; ce qui constituait un crime contre Rome.

    C’est là une illustration du pouvoir temporel (Rome), bras armé du pouvoir spirituel (exercé par le Grand-Conseil juif).

    En France, et même pendant la période où l’Eglise catholique de France sera autonome face au pape, le pouvoir temporel sera le glaive du pouvoir spirituel.

    Le catholicisme n’a pourtant pas été le seul à user du pouvoir politique : En Europe, le protestantisme luthérien, réformé et anglican, s’est installé avec le concours des princes, remplaçant une religion d’Etat par une autre.

    A ce point, on aura compris que la séparation des Eglises et de l’Etat n’allait pas être simple. D’ailleurs, le premier seuil de laïcisation – et le premier seulement ! – allait avoir lieu à partir de la Révolution française (1789).

    La laïcité était pourtant une « idée révolutionnaire » chrétienne.

    Au XVIème siècle, des chrétiens, nommés « anabaptistes » ou « rebaptiseurs » par leurs adversaires, baptisaient les croyants après leur profession de foi alors que certains avaient déjà été baptisés dans d'autres Églises. Ces chrétiens ont fait le choix de refuser tout appui politique. Ce qui leur a valu d’être persécutés…  en Suisse par l’église protestante.

    Au XVIIème siècle, le baptiste  Roger Williams (1603 – 1683) a justifié et argumenté au plan théologique la liberté de conscience et la liberté d’expression. Roger Williams a déclaré : « C’est la volonté et le commandement de Dieu (depuis la venue de son Fils le Seigneur Jésus) que soit garantie à tous, dans chaque nation et dans chaque pays, la liberté des consciences et des cultes, même ceux des plus païens, des Juifs, des Turcs [les musulmans] ou des antichrétiens. Et on ne doit pas les combattre autrement qu’avec la seule épée capable de conquête (dans les affaires de l’âme), l’épée de l’Esprit de Dieu, la Parole de Dieu. »

    Roger Williams a été condamné an bannissement du Massachusetts en 1635 pour avoir affirmé que « le magistrat civil ne peut exercer son pouvoir sur les consciences et que rien ne saurait, par conséquent, justifier le recours à l'arsenal répressif de l'État dans les affaires spirituelles. » 

    Williams a ainsi fondé Providence en 1636, aujourd'hui capitale de l'Etat de Rhode Island, sur le principe de la séparation radicale de l’Église et de l’État, qui seule peut garantir une véritable liberté de culte. Dans ses nombreux ouvrages, Williams prend parti contre le principe d’une Eglise établie, contre les Églises d'État. (Source : https://www.universalis.fr/encyclopedie/roger-williams/)

    L’intention explicite de Williams lors de la fondation de Rhode Island est d’offrir une terre d’asile aux minorités religieuses persécutées dans les autres colonies.

    On trouve dans ses arguments un écho à 2 Co 10 : 4 dans lequel l’apôtre Paul indique que « les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles » et à Ep 6 : 17 où le même Paul écrit que nous devons prendre « l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu. »

    La laïcité a donc été promue avant la Révolution française. La laïcité – telle que défendue par Roger Williams – est en accord avec les Ecritures. D’ailleurs, beaucoup la disent être une idée chrétienne.

    Venons-en maintenant aux principes de la laïcité.

    Les principes de la laïcité

    Ils sont trois :

     La liberté de conscience et de culte (de croire ou de ne pas croire)
     La neutralité de l’Etat
     La séparation des églises et de l’Etat

    Premier principe : La liberté de conscience et de culte (de croire ou de ne pas croire)

    La laïcité est une loi de liberté. Ainsi, tout ce qui menace la liberté de conscience devrait être clairement combattu, car on ne peut forcer quelqu'un à agir contre sa conscience.

    Deuxième principe : La neutralité de l’Etat en matière de croyance et de culte

    Selon l’article 1er de la constitution de 1958 : « La France […] respecte toutes les croyances. […] » Il n’y a plus de religion d'État. Toutes les croyances sont sur un pied d’égalité dans les limites de l’ordre public.

    L’Etat doit être neutre dans les relations qu’il entretient avec les différentes Églises.

    Un État qui se proclamerait athée (et matérialiste) ne serait pas laïque et ne serait pas neutre. L’athéisme est une croyance.

    Le principe de neutralité vaut pour le service public et pour ses agents. En revanche, la société civile est libre d’afficher ses convictions.

    Troisième principe : La séparation des églises et de l’Etat

    Selon l’article 1er de la loi du 9 décembre 1905 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. […] » L’État ne peut s’associer à l’une ou l’autre des religions ou intervenir dans leurs affaires.

    Témoigner dans le contexte de laïcité

    Notre laïcité se traduit par l’exigence aux représentants de l’Etat, aux agents publics et aux fonctionnaires des établissements publics pour qu’ils ne manifestent d’aucune façon leur appartenance ou leur sensibilité religieuse.

    Notre laïcité se montre parfois anticléricale ou anti-religieuse. Certains aimeraient un espace public (rues, lieux où les citoyens circulent librement) aseptisé de tout signe religieux.  La devise des laïcistes pourrait être : « Soyez invisibles et vous serez bien vus ! »  Là, on n’est plus dans la laïcité mais dans le laïcisme.

    Le laïcisme a ses racines historiques, d’une part dans l’emprise excessive du catholicisme français sur la vie sociale ; à son opposition à l’égalité, à la liberté, à la liberté de conscience et de religion, et à la démocratie et, d’autre part, à l’alliance, au début du XXème siècle, entre l’Etat républicain et la libre-pensée (mouvement promouvant l’athéisme). Désormais, qu’il s’agisse du catholicisme, de la libre-pensée ou de toute autre croyance, la recherche d’une influence devra se faire dans le cadre démocratique.

    Deux confusions

    Avant d’en arriver à ce qu’il nous est possible de faire – au plan du témoignage –, il me semble important de dénoncer deux confusions quant à la « privatisation de la croyance religieuse ».

    Premièrement, la laïcité est une loi de neutralité et non de bannissement. Le cantonnement de la religion à la sphère privée n’est ni dans la lettre, ni dans l’esprit de la loi 1905. De plus, faut-il rappeler l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948 ? « Toute personne a […] la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites. »

    Deuxièmement, dans une démocratie digne de ce nom, les convictions religieuses doivent non seulement pouvoir s’exprimer dans l’espace public, mais elles doivent aussi être prises en compte dans le débat public.

    On peut ainsi regretter que les religieux aient été exclus du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) en 2013.

    Intervenir dans le débat public

    Bien évidemment, dans un débat public, les arguments d’autorité du type « la Bible a dit que… » seront évités. Les arguments devront être intelligibles par tous.

    L’intervention dans le débat public suppose d’être intellectuellement formé. Il faudra exprimer une parole de qualité, claire, humble (par exemple, un sujet comme celui de la laïcité est loin d’être simple et nécessite une écoute préalable sérieuse avant l’expression de toute conviction), intelligente (réfléchie et non impulsive, pertinente, raisonnable, argumentée pour convaincre, utile pour le bien de chacun) et courageuse (car il ne s’agit pas seulement d’exprimer des idées « politiquement correctes »).
    (Paragraphe inspiré par Louis Schweitzer in « Libre de le dire » - blféditions page 17)

    Chacun de nous, même s’il n’est pas engagé dans la sphère politique, est susceptible d’intervenir dans le débat public via la nouvelle agora que constituent les réseaux sociaux (Facebook, Tweeter…).

    Au plan personnel : « Libre de le dire au travail »

    Venons-en au témoignage personnel dans le cadre du travail.

    Pour rédiger cette partie, j’ai utilisé le fascicule « Libre de le dire au travail » édité par blféditions. Dans la même collection, on trouve aussi « Libre de le dire à l’école », « Libre de le dire à l’université », « Libre de le dire dans l’espace public ». Ces fascicules coûtent moins de 5 euros et je vous invite à les acheter et à vous y reporter.

    Ici, il serait sans doute ennuyeux d’avoir un cours de droit. Je vais donc tenter d’être synthétique en restant le plus précis possible.

    Dans la fonction publique

    Si vous exercez votre métier dans la fonction publique ou si vous êtes salarié d’une entreprise privée qui assure un service public, vous êtes soumis au principe de laïcité : vous ne pouvez pas manifester vos convictions religieuses au travail.

    Dans l'exercice de votre fonction, il vous est interdit de manifester votre croyance par un signe d'appartenance religieuse, une parole, un comportement, ou d'adopter une attitude discriminatoire.

    La manifestation d'une conviction religieuse peut constituer une faute susceptible de sanctions. Les libertés de parole et vestimentaire du fonctionnaire sont ainsi fortement limitées.

    Bien évidemment, en dehors du service, vous retrouvez une liberté pleine et entière. Dans les discussions entre collègues à la pause ou en en dehors du service, vous pouvez exprimer vos opinions librement.

    Dans l’entreprise privée

    La laïcité, au sens de la séparation entre l’Etat et les cultes, ne s’applique pas dans le secteur privé. Ainsi, un employeur ne peut exiger la neutralité religieuse absolue de ses salariés. Il ne peut interdire les discussions entre collègues même lorsqu'elles portent sur la religion.

    La liberté de manifester ses convictions religieuses doit se faire dans un équilibre avec la liberté des autres et la bonne marche de l’entreprise. Un comportement prosélyte pourrait être sanctionné par l'employeur comme une faute.

    En principe, les discussions entre les salariés sont libres et relèvent du domaine de la vie privée. Deux conditions toutefois : respecter son contrat de travail – ne jamais oublier que l’on est payé pour travailler et non pour discuter – et la liberté des autres.

    Une évidence : Le salarié ne peut utiliser les moyens de l'entreprise (messagerie, intranet, photocopieuse…) pour propager ses convictions et, dans ses discussions, il doit se garder de toute pression, contrainte ou harcèlement qui porteraient atteinte à la liberté de ses collègues, voire des clients. Et l’abus de position ou de faiblesse entre supérieur et subordonnés doit être évité.

    Lors des conversations sur le lieu de travail pendant le temps de pause, le principe est la liberté mais il est nécessaire de respecter les autres et de ne pas créer de trouble dans l'entreprise. Il est même possible de prier pendant les pauses mais la prière ne devra pas causer de trouble au bon fonctionnement de l'entreprise.

    En dehors du travail, dans les conversations avec les collègues, la liberté est complète. Ne vous interdisez pas de parler de vos convictions à vos collègues, dans vos conversations privées. Mais faites-le toujours avec respect, tact et mesure. 

    Dans le cadre des professions de santé

    La laïcité s'applique dans le cadre du service public hospitalier. Sinon, le professionnel de santé dispose d’une grande liberté. Il ne devra pas abuser de cette liberté car les personnes soignées sont dans une situation de faiblesse et leur liberté de conscience doit être particulièrement protégée contre tout acte de prosélytisme abusif. Tact, délicatesse, respect sont les maîtres mots.

    En conclusion

    Premièrement, alors que nos convictions intimes s’opposent parfois frontalement à celles de nos dirigeants politiques, il me semble impératif de rester respectueux  ; ce qui n’empêche nullement de s’exprimer clairement… et de prier : « J'exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » (1Tm 2 : 1-4)

    Ensuite, notre société vit dans le vide consumériste, matérialiste, individualiste, relativiste – on ne croit plus en une vérité absolue – et nihiliste – on ne croit plus en de grands idéaux, on est désabusé, on ne croit plus en rien. Sa maladie est spirituelle. Pourtant, on imagine encore pour idéal, l’immortalité – promise par le transhumanisme ; mais à quoi cela peut-il bien servir si la vie n’a aucun sens ? – et la jouissance permanente – car si la vie n’a aucun sens, mangeons et buvons car demain nous mourrons. Très logiquement, le développement personnel est devenu très en vogue. Beaucoup pressentent où tout cela mène : à la destruction intérieure de l’homme car l’humain a besoin de liens, de relations.

    L’indifférence, le repli sur soi sont la cause de très profondes souffrances. Dans un entretien accordé en 2015, Michel Houellebecq affirmait « A long terme, une société ne peut tenir sans religion ». Pourquoi ? Parce que la religion relie les hommes entre eux (ce que les politiques ont compris nous l’avons vu). Elle ne les relie pas nécessairement à Dieu. Selon cet auteur, l’avenir n’est pas au triomphe de la Raison mais à celui de la Religion.

    Pour nous, disciples du Christ, une occasion est à saisir : nos contemporains cherchent à étancher leur soif spirituelle et à vivre la fraternité. Plus que jamais, le message du Christ est à partager et à vivre dans toutes ses dimensions. En particulier, soyons des bâtisseurs de ponts ; développons des relations profondes, une culture de l’attention à l’autre et de l’accueil du prochain. Développons notre sens de la communauté, communauté non repliée sur elle-même mais ouverte, accueillante. Ainsi, notre témoignage de vie aura de nombreux fruits.

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